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Les métiers du numérique sont aussi des métiers pour les femmes !

Par Ludmila Mangelinck, Directrice Conseil, CGI Luxembourg.Les femmes occupent historiquement une place prépondérante dans l’histoire de l’informatique. Les premiers programmeurs étaient des femmes au début du 20ème siècle. Avec l’évolution des pratiques et de la technologie, leur rôle a peu à peu évolué, et des stéréotypes ont vu le jour. Grâce aux nouvelles méthodes de management, aux aptitudes des femmes et à une solidarité hors pair, elles reprennent leur place dans un domaine qui est longtemps resté masculin.

Une histoire marquée par la gent féminine

Dès le 18ème siècle, les femmes développent des techniques de calcul sophistiquées : Nicole-Reine Lepaute aida Lalande à calculer la trajectoire de la comète de Halley, Maria Mitchell travaillait sur les tables de positions de la planète Vénus, Ada Lovelace a créé le premier algorithme pouvant être exécuté par un ordinateur. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la programmation et les fonctions techniques des métiers du numérique sont effectuées en grande partie par des femmes. Par la suite, beaucoup d’entre elles ont contribué activement au développement des langages de programmation, comme Grace Hopper qui a inventé le langage Cobol, toujours utilisé aujourd’hui. Jusqu’aux années 80, la proportion de femmes dans le secteur informatique était la plus importante parmi toutes les filières de l’ingénierie, mais depuis lors, le déclin de leur nombre semble inexorable.

 

La mixité, vectrice de performance

C’est un fait : la mixité est une richesse encore trop peu exploitée par les entreprises. Pourtant, chacun apporte son propre regard, sa propre expertise et ses propres priorités ce qui assure un ensemble cohérent sur les solutions. Selon une étude de McKinsey Women Matter, les performances financières des entreprises sont plus conséquentes lorsque le management est féminisé : les start-up constituées de femmes ou respectant la mixité, même si leur nombre est très faible, ont davantage de chances de réaliser les investissements risqués, à condition que ces investissements soient faits. Par ailleurs, la mixité dans le numérique est indispensable car la moitié des utilisateurs des systèmes informatiques sont des femmes. Si les systèmes ne sont créés que par des hommes, ils auront de bonnes chances de ne pas être adaptés aux besoins des femmes. Plus encore avec les systèmes basés sur l’intelligence artificielle, qui sont fondamentalement basés sur l’apprentissage à partir de données. Enfin, à l’heure où les cerveaux manquent si cruellement dans les domaines du numérique, les femmes pourraient constituer une manne de ressources permettant de presque doubler celles disponibles.

 

Lever les freins liés à la sous-représentation

De nombreuses organisations ont pris conscience aujourd’hui que ce manquement pouvait être néfaste et puni par la loi. Au Luxembourg, l’égalité entre les femmes et les hommes au travail est ancrée dans les lois et règlements. Toutefois, les efforts à réaliser sur le terrain pour atteindre véritablement cette égalité sont énormes même si raisonnables au regard des enjeux. D’année en année, la solidarité féminine est bien présente et se développe à travers la création de réseaux, de conférences ou d’événements privilégiés : journée des droits des femmes, « Women in Tech Days »… Cette solidarité est indispensable pour lever les freins liés à la sous-représentation des femmes dans les métiers du numérique. Mais le problème reste complexe : comment recruter des femmes alors que leur proportion en sortie d’écoles est si faible. La difficulté est aujourd’hui de retrouver des « modèles » femmes pour que les nouvelles générations recommencent à se projeter dans ces rôles. Valoriser les métiers de l’informatique auprès des jeunes femmes est dès lors indispensable car cela montre qu’une femme peut s’y accomplir pleinement.