- April 26, 2021
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InsurTech : les startups à la rencontre des assureurs
Ce mardi 18 octobre, plus de 200 professionnels de l'assurance s'étaient donné rendez-vous à l'Hôtel Royal pour discuter de la révolution digitale qui transforme leur secteur, au même titre que la FinTech révolutionne la finance. Cette première édition du InsurTech Summit a rassemblé professionnels luxembourgeois, internationaux et sociétés actives dans la transformation digitale pour un après-midi d'échanges de bonnes pratiques, clôturée par un traditionnel networking cocktail.
Thierry Flamand, Advisory & Consulting, Partner & Insurance Leader, Deloitte Luxembourg, a ouvert cette conférence avec une fiction reprenant les différents enjeux de la digitalisation du secteur de l'assurance. "Mais la technologie seule ne suffit pas à la révolution d'un business model. De nombreuses questions de base, notamment autour des données et de la protection des consommateurs restent centrales" a ajouté M. Flamand.
"Observe, partner and invest"
Les organisateurs ont par la suite accueilli Sabine Vanderlinden, Managing Director, Startupbootcamp Insurtech, basée à Londres et qui jouit d'une expérience professionnelle de 18 ans dans le secteur de l'assurance. Le Startupbootcamp a pour mission d'accélérer le succès des startups InsurTech, mais également de créer un écosystème, composé de personnes croyant en la technologie et la disruption. "Les investisseurs s'intéressent aux InsurTechs à cause des Milenials : la façon dont ils souscrivent aux assurances change, la façon dont les assureurs gèrent le risque, également. Et il ne faut pas oublier la puissance de l'économie collaborative" souligne Sabine Vanderlinden. La confiance est également un élément clé, or, selon une étude menée par PwC en collaboration avec Startupbootcamp, seuls 27% des consommateurs ont confiance en leur assureur. C'est la raison pour laquelle les compagnies d'assurance tentent de renouer le lien et les InsurTechs peuvent les y aider. Celles-ci, concentrent d'ailleurs principalement leurs efforts pour augmenter les interactions avec les clients, et construire des relations de confiance, mais également à aider le business avec des outils digitaux et opérationnels, ou encore s'efforcent à répondre aux besoins changeants des clients. "Toutes les startups ne vont pas dans la direction de la disruption, et les principaux domaines sont l'engagement client, la cybersecurité, la chaine de valeur, les données, mais également les drones ou blockchain" ajoute la spécialiste InsurTech. Le défi numéro un pour les assureurs est de répondre aux nouveaux besoins des clients, mais également de pouvoir utiliser les données dont ils possèdent à bon escient, tout en gérant le risque et les pertes. Les assureurs qui investissent dans l'InsurTech ont cependant mis différents modèles en place, et on peut notamment citer le "tech garage" d'Aviva, ou encore les start-ups créés en interne chez Mass Mutual. Sabine a terminé sa présentation en soulignant l'importance d'observer, de s'entourer de véritables partenaires de confiance, puis la nécessité d'investir.
Les défis de la digitalisation de l'assurance au Grand-Duché
Une table ronde modérée par Michael Cravatte, Director, Deloitte, a ensuite réuni Fernand Grulms (Managing director of PECOMA Actuarial and Risk), Marc Stevens (CEO Managing Director,OneLife), Marco Caldana (CEO FARAD Group, Vice President de l'APCAL) et Béatrice Uba Jolivet (Head of Business Development, CALI Europe). Pour Michael Cravatte, "Il y a de nouveaux défis au niveau de la digitalisation des services, l’importance de plus en plus forte de l’expérience client, et une tendance globale à raccourcir la distance entre l’assureur et son client. L'assurance vie au Luxembourg n'y échappe pas". Béatrice Uba Jolivet cite notamment le marketing comme l'un des défis majeur de l'assurance : "Dans notre secteur, nous ne parlons pas suffisamment de segmentation, nous devons savoir à qui nous nous adressons pour affiner par exemple nos offres de prix". Le digital et les données aident ainsi à se recentrer vers le client et répondre à ses besoins. "Il faut réagir rapidement lorsque le client en a besoin, c'est lui qui choisit le canal, il a besoin de rapidité et de flexibilité : c'est ce que les InsurTechs doivent apporter" ajoute-t-elle. Marc Stevens, et OneLife qui est en pleine transformation digitale, a profité de l'événement de lancer sa nouvelle application mobile développée avec Ainos. Avant d'entamer cette transformation, la compagnie d'assurance a interrogé plus de 200 courtiers, et ce afin de connaitre leurs attentes, canaux de communication favoris, etc. "Il s'agissait de questions ouvertes, pour savoir ce qui se passe véritablement sur le terrain, et pour savoir comment ils souhaitaient interagir avec nous" ajoute le CEO, qui a également insisté sur l'importance du changement de culture et d'état d'esprit lors d'une telle transformation : "You start with the people and then you go to technology". L'APCAL, représentée par son Vice President Marco Caldana, a pour mission de créer des solutions communes pour aider et faciliter le business des courtiers et des assureurs. M. Caldana a alors insisté sur la nécessité de communiquer avec tous les acteurs du secteur (compagnies d'assurances, courtiers et également clients), puis de créer un système solide d'échange d'informations. Enfin, Fernand Grulms s'est penché sur la tendance "robo-advisors", qui a débuté aux Etats-Unis il y a quelques années : "Les résultats ne sont, pour l'instant, pas très encourageants". Il a également souligné l'importance du "brand name" dans le secteur de l'assurance : "On ne donne pas son argent à n'importe qui, la confiance est centrale". C'est la raison pour laquelle il pense que les grands players doivent se lancer dans le robo-advice, comme BlackRock qui développe actuellement une telle plateforme. "Wait and see" a ainsi conclu l'ancien directeur de Luxembourg For Finance.