- October 08, 2021
- Tech
- Data
- Cloud
- Luxembourg
- Security
- Startup
- Development
- Digital
Après l’Estonie, une «e-ambassade» monégasque au Luxembourg
Le 15 juillet, le Premier ministre, ministre d'État, Xavier Bettel, a reçu le ministre d'État de la principauté de Monaco, Pierre Dartout (photo). Les discussions ont notamment porté sur les relations bilatérales et plus précisément les relations dans le domaine du numérique. La sauvegarde de données sensibles de la principauté sera assurée par LuxConnect à Bissen.
La principauté de
Monaco et le Grand-Duché du Luxembourg font de la transition numérique une
priorité pour accompagner la modernisation de leur administration et favoriser
l'innovation sur leur territoire.
Ainsi, un accord
concernant l'hébergement de données et de systèmes d'information monégasques
dans un centre de données luxembourgeois a été signé entre Monaco et le Luxembourg.
Cet accord est le fruit d'une déclaration d'intention signée entre les
gouvernements monégasques et luxembourgeois en 2018.
Le précédent
estonien, exemple d’une diplomatie numérique
La sauvegarde des
données sensibles dans un data center luxembourgeois apporte des garanties
d'immunité et de privilèges similaires à celles d'une ambassade. Les données de
l'Estonie sont déjà hébergées au Luxembourg sur ce même modèle.
La «data embassy»
de l’Estonie au Luxembourg a été une première mondiale. Le lancement du projet
de l’e-ambassade remonte à l’année 2015 et l’accord entre les deux pays a été
signée en 2017. Depuis 2018, une extension du cloud du gouvernement estonien
est hébergée au data center certifié TIER IV de LuxConnect.
Il était devenu
stratégiquement important pour la principauté de trouver une solution pour
préserver certaines données contre des risques de cyberattaque ou de
catastrophe naturelle, garanties qu'il est impossible de mettre en place sur un
territoire de 2 km2.
Ce partenariat
permettra également au CTIE luxembourgeois (Centre des technologies de
l'information de l'État) et à la délégation interministérielle pour la
transition numérique monégasque d'organiser un partage d'expertises et
d'expérimentations sur des thèmes d'avenir tels que la dématérialisation des
démarches administratives ou encore la e-santé.
Les deux
gouvernements se félicitent de la mise en place de ce partenariat lequel
s'inscrit pleinement dans le cadre des programmes européens de coopération sur
l'innovation et la sécurité numérique. Xavier Bettel a souligné que «ce
partenariat sur l'innovation numérique renforce le rôle du Luxembourg comme
centre de confiance digital et confirme les avancées de l'administration
électronique au Luxembourg», précise le communiqué du ministère d'État.
Les
e-ambassades, un concept novateur dans les relations diplomatiques
Les sociétés
numériques, dépendantes des technologies de l’information et de la
communication, doivent faire face à des défis importants. L’un d’entre eux est
la question de savoir comment sécuriser toutes les données qui pourraient
devenir vulnérables en cas de cyberattaque. Dans ce contexte, les e-ambassades
sont un concept novateur dans les relations diplomatiques qui assurent
l’hébergement de données sensibles dans un pays ami avec des garanties
d’immunité.
L’objectif de cette nouvelle approche diplomatique est la sauvegarde de données sensibles d’un pays dans un data center d’un autre pays ami. Ainsi, les termes «e-embassy» et «data embassy», qui se réfèrent à ce concept novateur dans les relations diplomatiques, sont équivalents.
L’hébergement des
données est mis en place avec des garanties d’immunité et de privilèges
similaires à celles d’une ambassade traditionnelle car les accords fondateurs
entre pays tiennent en compte la Convention de Vienne sur les relations
diplomatiques de 1961. Néanmoins, il s’agit d’un tout nouveau concept en droit
international : comme pour les ambassades physiques, les centres de données
sont le territoire souverain du pays propriétaire des données.
Les données
sauvegardées dans ces ambassades virtuelles sont des copies des données les
plus sensibles et confidentielles d’un pays ou, carrément, des jumeaux
numériques du cloud du pays. Ainsi, dans un monde où les cyberattaques
augmentent, les e-ambassades contribuent à la protection des données vitales et
des services qui sont essentiels au bon fonctionnement d’un pays et diminuent
ainsi l’impact potentiel causée par des cyberattaques.
Le Luxembourg bien
placé sur ce créneau
Le Grand-Duché
possède deux grands atouts pour mettre en œuvre ces projets innovants.
D’une part, un
réseau de télécommunications hyperconnecté aux centres primaires d’accès à internet
à l’étranger. Luxembourg est ainsi classé 3e en matière de connectivité au
niveau européen.
En outre, le
Luxembourg possède une grande expérience en cybersécurité. En 2016 a été inauguré
le data center DC1.3. de LuxConnect, avec 5.500m2 de surfaces IT disponibles et
qui a reçu les certifications TIER II et TIER IV de l’Uptime Institute. Alors
qu’un centre de données ne présente d’habitude qu’un seul niveau TIER, un data
center TIER IV dispose de composants et circuits de distributions redondants de
sorte qu’il n’y a aucun impact IT en cas de panne (fault tolerant).